C'est en enfilant la tenue de rigueur : pantalon bouffant gris, tee-shirt et gilet gris, que nous nous sommes vraiment sentis dans l'ambiance... Deux jours au rythme de la vie d'un temple
Sur l'île de Gwangwa-Do, à 2 pas de la Corée du nord, ...
Levés à 3h30 du matin, nous marchons dans la nuit jusqu'au temple, en suivant des lanternes colorées, comme des lunes pastel.
Nous nous éveillons peu à peu sous un plafond de lotus roses et dans une odeur d'encens. La voix des moines, le rythme de la percussion et le mouvement des salutations nous font réellement passer du sommeil à un éveil propice à la méditation qui suit.
Jamais je n'aurais cru tenir avec l'esprit aussi clair, sans bouger, pendant 30 mns à 5 heures du matin, sans avoir ni dormi assez, ni pris de petit déjeuner!
La promenade puis le repas "reconstituant" (kimchi oblige!) servi à 6h mettent tout le monde en forme pour la longue journée qui va suivre. Elle se terminera pour moi à 23h30, en pleine forme !
Expérience physique donc, mais aussi mentale par l'entraînement à la méditation. En l'occurence, il s'agissait de faire le vide dans son esprit, pour "dompter le singe qui n'arrête pas de sauter dans notre tête". J'aime cette image qui illustre ce que Vittoz appelle le "vagab
Ce qui m'a frappée, c'est l'équilibre des rythmes proposés : prière, avec le corps puisque l'on chante et salue, méditation, marche, repas. Une alternance bien pensée pour entraîner et unifier le corps et l'esprit. Cette vie semble bien convenir à ces moines accueillants, dont le visage, comme tous ceux de leurs "confrères" rencontrés dans nos voyages, parait pétri d'un mélange ineffable de sagesse et de bonté.
J'aime aussi la configuration du temple bouddhiste en Corée. Non pas un espace clos, ceint de murs protecteurs, mais un ensemble de bâtiments répartis dans la nature (la montagne généralement), complètement ouverts sur l'extérieur. Chacun, laïc ou moine, pratiquant ou non peux y entrer à sa guise. Ici, l'espace le plus sacré est bien l'homme, non le lieu.