D’ici là, elles remplaceront avantageusement les poires, merveilleuses mais décidément trop chères, les clémentines douceâtres auxquelles on ne se fait toujours pas, les pommes juteuses et sucrées mais très chères également et de plus en plus rares.
Comme tous les mets ici, ce que l’on vous sert doit être « bon pour la santé » avant d’être « bon » tout court. D’où cet engouement pour les fruits, en dépit de leur coût. Celui de saison par excellence est le kaki, que je confonds souvent avec des tomates à cause de son apparence ! Nous en consommons très peu car il est difficile à digérer, mais nous avons fait honneur à celui que j’ai trouvé un matin sous un petit arbre de notre jardin. Mes amies coréennes m’ont aussi fait goûter des compotes et des décoctions délicieuses à base de kaki.
Cette arrivée des fraises est une des surprises de ce début d’hiver, et non des moindres, mais il y en a d’autres que j’aimerais aussi vous faire découvrir.
Comme ces ciels au-dessus de Séoul. Depuis quelques jours, bleu vif, accompagnés de cette lumière crue des stations de sports d’hiver. C’était tout à fait l’ambiance l’autre jour sur le campus couvert de neige, avec ses arbres dénudés et ses étudiants en doudounes, alors qu’il y a 15 jours on était encore en veste légère. Depuis qu’il n’ya plus de feuilles, Séoul se révèle à nos yeux : depuis les rues tapissées d’enseignes de toutes les couleurs jusqu’aux montagnes qui dessinent les contours de la ville.
Le site naturel de la capitale est très beau et rattrape largement à mes yeux l’anarchie architecturale de la reconstruction.
Depuis quelques années, et avec des perspectives de vie en paix maintenant assurées, les autorités séoulites reconsidèrent le développement urbain en terme de qualité de vie et d’harmonie entre la ville et la nature. Certains quartiers sont peu à peu rénovés en ce sens comme celui de…
Et puis l’hiver, c’est aussi la vie à l’intérieur, dans les maisons, ou plutôt les appartements (« appateux »), très chaleureux, grâce à leur organisation ouverte autour de la salle de séjour.
On s’y retrouve facilement en famille ou entre amis. Le repas se prend autour de la table basse, assis par terre. J’ai la chance de partager ainsi des moments familiaux chez mes amies de Daegou, avec leurs enfants, mais le plus souvent sans leurs maris, retenus pour raisons professionnelles. Je comprends petit à petit qu’il s’agit plutôt de sorties entre collègues, très bien arrosées en général.
Cela fait partie des traits culturels qui nous choquent le plus, mais qu’on ne peut rejeter en bloc si l’on veut comprendre la Corée. Nous y reviendrons donc.
A l’heure du déjeuner, on se retrouve plus facilement au restaurant, où les femmes vont très souvent « entre amies ». Moment douillet aussi, où l’on commence par s’asseoir par terre, sur des coussins moelleux, tiédis par le ondol (système de chauffage au sol typique ici).
Pendant qu’on oublie peu à peu le froid de l’extérieur et que les pieds (déchaussés) dégèlent, la table se couvre petit à petit d’une multitude de plats variés, fumants, de couleurs et odeurs appétissantes. La dominante est le rouge que j’évite soigneusement, car il signifie « feu » assuré dans la bouche. Autour d’un ou deux plats principaux, à base de viandes ou de fruits de mer, il y a l’incontournable kimchi, choux fermenté pimenté, dont je vous reparlerai pus longuement (c’est un sujet très sérieux ici, surtout en cette période de fabrication annuelle !), un bol de riz pour chacun, accompagné souvent d’une soupe, et toutes sortes de mets pour colorer et parfumer le riz : minuscules poissons séchés, radis au vinaigre, algues, piment frais, légumes,etc…
L’ambiance des repas est toujours très gaie, et parfois bruyante. Les coréens sont très expansifs et cela se ressent souvent dans les lieux publics ! Dans les restaurants, on a beau être chacun dans sa petite salle, fermée par des portes coulissantes, on participe souvent à la conversation animée des voisines ! Et dans le train, si 4 amies ont obtenu le « salon » central, l’ambiance est garantie dans tout le wagon !
Oh, mais me voici arrivée à Séoul station ! Dans une heure, avec un peu de chance, je serai à la maison, après avoir traversé 10 kms de ville totalement bouchée. Heureusement qu’avec mes débuts de coréen je peux faire un peu la conversation avec les chauffeurs de taxi…
A nyeong ha seyo !!!
2 commentaires:
Bravo Béatrice et merci de nous faire partager avec talent ces moments intenses que nous vivons à Seoul. Nous nous retrouvons bien dans tes commentaires empreints d'étonnement, de passion et de curiosité.
Nous sommes très intéressés par ton blog et ces nouvelles de Seoul qui rappellent à Guy sa visite de 1973 !
Il était descendu au King Sejong Hotel et au Cho-Sun hotel. Allez savoir s'ils existent toujours.
Guy avait visité l'usine Jin-Ro (bière, jus de fruits, vins locaux)
Peut-être en buvez-vous encore !
Nous avions eu à Bordeaux pendant 15 jours Mr. Kim de l'usine ci-dessus et réunion à la maison. Une autre visite dans un autre usine montre Guy entre un Mr.Kim à droite et Mr.Kim à gauche (tout le monde s'appelait Kim à l'époque).
Ses commentairs dans une lettre à M-H "les passants sont gentils. Comme je m'arrêtais parfois pour me protéger de la pluie, ils me parlaient souvent : "Ah ! la FRANCE..." c'était à peut près toute notre conversation mais c'était sympathique.
Ceci n'est qu'un extrait de lettre. Il n'y avait pas de blog à l'époque.
Nous attendons la suite de ton blog arrêté en décembre 07 avant votre venue en France pour Noël.
Comment se passe 2008 ?
Bon vent à tous. Affectueusement.
Tte M-H et O.Guy
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