26 mai : Je voyage entre Séoul et Daegou, pour une dernière rencontre avec le groupe « Vittoz ».
Le train est bien rempli. A l’intérieur du wagon, une vie s’installe. Frémissements. Mouvements de l’air, des corps. Odeurs pimentées.
Pendant deux heures, je partage la vie de ces personnes de tous âges. A la toux grasse du vieux monsieur derrière moi répond le babillage d’un petit enfant. Les mélodies des portables résonnent d’un bout à l’autre de la rame : voix enjouées de femmes ou plus grave d’un homme d’affaire. L’ambiance est studieuse en ce lundi matin. Entre Séoul et Daejon, la quatrième ville du pays, il n’y a qu’une heure de KTX (notre TGV). Beaucoup de personnes font la navette régulièrement. Mon voisin corrige des copies de maths.
Les coréens profitent souvent de voyages pour faire un repas puis piquer un somme. Odeurs et ronflements animent ainsi souvent mes trajets.
A cette heure avancée de la matinée, un afflux d’odeurs envahit le wagon : ginseng reconnaissable entre tous, huile de sésame des kimbab (riz farci de légumes et de viande, enroulé dans une feuille d’algue). Le piquant du kimchi relève le tout.
Elles ont récemment été mises en eau et le riz, repiqué. Après l’hiver, dominé par le gris et le brun, la campagne coréenne s’est transformée en une mosaïque de miroirs hérissés de petites pointes vertes. Par ci, par là, on aperçoit une silhouette penchée , les pieds dans l’eau.
Dans les rares plaines, les rizières sont disposées en damiers. Sur les pentes, c’est un agencement de courbes, qui soulignent les reliefs de ce pays montagneux.
Parfois, les rizières baignent les pieds des immeubles. La ville est proche…
Les habitants de ces appateux (appartements), pourront ils contempler un aussi joli paysage dans quelques années? Rien n’est moins sûr.
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