Le hangeul (encore lui) me donne des frissons. La calligraphie coréenne est un chef d'oeuvre d'harmonie, une géométrie douce: horizontales, verticales et rondes, organisées en carrées (1 carré pour une syllabe) avec de l'espace pour reposer l'oeil.
Dans mon apprentissage du coréen, c'est la vue qui fut sollicitée la première. Réceptivité visuelle, accueil des formes, des courbes, des agencements faussement sages, depuis la notice administrative, en passant par la publicité dans le métro et les poésies calligraphiées, comme celle de cette peintre et poète coréenne qui a représenté et décrit la Normandie avec ces 2 arts sacrés : peinture et calligraphie.
Hier, visite d'une exposition de femmes calligraphes, avec mon amie Hee Sun, elle-même calligraphe. Elle m'apprend les différentes formes d'écriture, de la plus "droite" comme nos caractères d'imprimerie, à la plus "fluide" pour l'écriture cursive.
A chaque fois, c'est toujours une émotion, une sensation de plénitude, de perfection comme celle que l'on ressent parfois en écoutant Bach. Une simplicité qui exprime le désir d'unité et de beauté de l'âme humaine.
En contemplant ces oeuvres, j'imagine les deux maîtres, Bach et le roi Sejong, se retrouvant au ciel et partageant sans fin leur passion pour ces merveilles de beauté et d'intelligence qu'ils ont chacun légué à l'humanité...
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